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Évangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu

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Généalogie Jésus
Ce premier chapitre de l’Évangile de Matthieu nous présente l’ascendance de Jésus, sa généalogie, puis, sa naissance par Marie tout en soulignant le « Fiat » de Joseph qui est aussi important que celui de Marie car c’est de lui que Jésus tient la lignée du Roi David !

Matthieu pose les bases et met tout de suite en évidence la lignée royale de Jésus car, comme nous l’avons vu dans l’intro, cet Évangile est celui qui s’adresse tout particulièrement aux Juifs, c’est celui fait le mieux le trait d’union entre l’Ancien Testament et le Nouveau Testament qui en est la suite attendue, en effet, l’Ancien Testament ne se suffit pas à lui-même, il appelle toujours à un « à-venir ».
Cet avenir, c’est le Christ, le Messie attendu des Juifs, il est l’accomplissement de la Parole de l'Ancien Testament, son aboutissement, l’étape finale de la révélation que Dieu veut transmettre aux hommes. Tout l'Évangile de Matthieu est bâti sur la réalisation des présages que renfermait l'Ancien Testament dont le principal est la venue du Messie, le Roi des Rois.

Mais le problème, c’est que les Juifs imaginaient cet « à-venir » différemment, même si les différents prophètes annoncent expressément la venue d’un Nouvel Exode, d’une Nouvelle Alliance, ils n’imaginèrent pas une seconde que leur exclusivité allait être mise à mal, ils imaginaient surtout la venue d’un Messie tout puissant et glorieux qui anéantirait tous leurs ennemis et non pas un homme humble né dans une mangeoire qui allait leur demander d'aimer les autres… Voilà pourquoi ils n’ont pas reconnu Jésus…

L’ascendance de Jésus :

Matthieu commence donc par présenter Jésus comme le Messie attendu par les Juifs, le descendant direct de David et d’Abraham, il prend également soin de démontrer clairement qu’il est de sang royal par Joseph et non par Marie, car pour les Juifs la généalogie doit être paternelle, venant du Père et ce même si Jésus a été conçu du Saint Esprit et que Joseph n’est pas son Père naturel car, selon la loi juive, l’adoption suffisait à conférer tous les droits héréditaires à l’enfant !

Même si pour nous, cette longue liste peut nous paraître ennuyante, pour le peuple Juif de l’époque elle est importante et cela les renvois à différentes histoires relatées dans la bible qu’ils connaissent très bien car ils ne cessent de la méditer chaque jour.

En faisant cela, Matthieu passe à la deuxième étape, il veut leur montrer que Jésus est bel et bien venu sauver tous les hommes et non pas le seul peuple Juif ! C’est pourquoi il insère le nom de quatre femmes dans la généalogie de Jésus, dont trois sont étrangères au peuple Juif, il voulait souligner premièrement que le peuple Juif pouvait être ouvert aux autres peuples et s’unir avec, et ensuite, souligner la grande miséricorde de Dieu car les quatre femmes citées rappellent à quel point, même les Juifs pouvaient être pécheurs :

- Thamar : Elle est la belle fille de Juda (fils de Jacob). Ce dernier n’a pas tenu sa promesse envers elle lorsqu’il refuse d’honorer son droit. De plus il est consommateur de prostituée, mais il est reconnu juste par Dieu car il a reconnu son erreur envers elle. Thamar, elle, a eu recours à la prostitution pour tromper Juda, mais elle est reconnue juste car elle n’a pas humilié ce dernier en public.
- Rahab : Une prostituée et en plus cananéenne justifiée pour avoir aidé le peuple Juif.
- Ruth : n’a rien fait de déshonorant au regard de la loi Juive mais elle était une Moabite et il est écrit dans le livre de Néhémie « Le Moabite n’entrera pas dans l’assemblée de Dieu, et cela jamais. »
- La femme d’Ourias (Urie), mère de Salomon rappelle le grave péché de David qui avait fait mourir Ourias (Urie) pour prendre sa femme.

Nous pouvons donc comprendre que même si ces faits sont graves et qu’ils enfreignent gravement le loi Juive, ils témoignent de l’immense grâce dont Dieu fait preuve envers nous et que c’est sur ces pêchés justifiées que Dieu a établi la lignée royale, celle qui allait voir naître le Messie, le Christ, celui qui allait justifier tous les hommes, sans exception.

Le Messie est donc bien venu sauver les Juifs mais pas de leurs adversaires car il est venu sauver tous les hommes, il est venu les sauver d’un autre ennemi, le plus grand ennemi de l’homme, le péché, Jésus est venu nous sauver de notre état d’homme pécheur hérité du péché originel ! Voilà le message que les Juifs auraient dû comprendre !

Notons, pour finir, que la généalogie de Jésus est exposée deux fois dans les Évangiles, une fois par Matthieu et une autre fois par Luc, pour la période d’Abraham à David les deux généalogies sont identiques, sur le reste, cela diffère quelque peu, c’est pourquoi, comme souvent avec la Bible, nous devons lire ces généalogies avec un regard historique/théologique plutôt que le prendre comme un récit factuel.

Cela s’explique de différentes façons, la première, comme nous l’avons vu, par l’intention de Matthieu d’exprimer au peuple Juif la lignée Juive et Royale de Jésus et de la miséricorde de Dieu alors que Luc, lui, s’exprimait à la jeune communauté Chrétienne d’origine non Juive et par là il s’exprimait à tous. On le voit sur Matthieu car il commence par Abraham, principal patriarche des Juifs, alors que Luc commence par Adam, père de toute l’humanité !

Saint Joseph

La naissance de Jésus :

La deuxième partie de ce chapitre aborde la naissance de Jésus. Elle rappel aux Juifs une prophétie, celle que raconte Ésaïe (7:14) : «Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel» (Emmanuel veut dire: Dieu avec nous). Ce qui vient démontrer une nouvelle fois aux Juifs que Jésus est bien Dieu fait homme ! Dieu avec nous, né d’une vierge, le Messie prophétisé dans l’Ancien Testament ! Et ce n’est que le début, Matthieu ne cessera de leur démontrer tout au long de son Évangile.
Matthieu a pris soin de souligner l’importance du « Fiat » de Joseph ! Tout aussi important que celui de Marie, sans ce Fiat (Oui à Dieu) rien n’aurait pu être possible, il fallait qu’il en soit ainsi mais Dieu nous laisse toujours libres de nos choix.

Nous pouvons retracer et méditer ce Fiat dans les mystères joyeux du Rosaire, nous y célébrons principalement le Fiat de Marie mais Joseph y a toute sa place, Saint Joseph est connu pour sa discrétion, tout comme Jean-le-Baptiste qui s’est effacé pour que Jésus soit pleinement révélé, il s’efface toujours devant Marie qui elle-même s’efface toujours devant le Christ, ils sont le chemin qui mène à lui.

Cela est évident jusque dans les Évangiles, on y parle de lui au début puis il disparait discrètement de la scène pour que nous restions concentrés sur Jésus. Avec Marie, Joseph a parfaitement endossé la divine volonté en se soumettant entièrement à la seule volonté de Dieu, en le laissant vivre en lui, dans son cœur. Les écritures nous invitent à écouter son silence qui nous invite à la contemplation, lui qui a vécu en présence de Dieu, il est le primat des religieux et des contemplatifs, Sainte Thérèse d’Avila nous disait « Que celui qui n’a pas de maître dans l’oraison prenne ce glorieux saint pour guide, il ne risquera pas de s’égarer »…

Par ailleurs, Joseph et Marie, d’une certaine manière, réparent le mal qui est né du couple d’Adam et Ève en formant la Sainte Famille qui a été proclamée comme « le prototype et l’exemple de toutes les familles chrétiennes » (Jean-Paul II).

Il est bon de rappeler que Saint Joseph a été proclamé Saint Patron de l’Eglise par le pape Pie IX lors du Concile du Vatican I (Décret Quemadmodum Deus en 1870). Le pape Benoît XV nomma Saint Joseph Saint Patron des travailleurs et des mourants en rappelant que « la dévotion à saint Joseph conduit à Marie et à Jésus » (Motu proprio Bonum sane en 1920) puis, pour finir, le pape François a introduit Saint Joseph dans tous les canons eucharistiques de la messe en 2013 en demandant par décret « que le nom de Saint Joseph, Époux de la Vierge Marie, soit désormais ajouté aux canons après le nom de la Bienheureuse Marie toujours Vierge ».

Pour finir, c’est Matthieu qui donne le plus de place à Joseph dans son récit, il est d’ailleurs le seul avec Luc à le citer directement. Marc n’écrit à son sujet, et Jean ne le citera que deux fois par ces mots : « Jésus, fils de Joseph » (Jean 1 :45 et 6 :42).

Que la paix du seigneur soit avec vous.